Josip Broz Tito
Josip Broz Tito (Slovène, Croate latin: Josip Broz Tito; cyrillique et Macédonien : Јосип Броз Тито) (né le 7 mai 1892 à Kumrovec, en Autriche-Hongrie, - 25 mai sur son certificat de naissance officiel - – mort le 4 mai 1980 à Ljubljana, en Slovénie), fut le président de la République fédérale socialiste de Yougoslavie de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à sa mort en 1980. Il était également "Maréchal de Yougoslavie" - le grade le plus élevé de l'armée yougoslave - du 29 novembre 1943, à sa mort, en 1980. C'est la seule personne qui fut promue à ce grade. C'était par ailleurs l'un des fondateurs du Kominform, puis quelques années après, du mouvement des non-alignés.
Après que la Yougoslavie a été envahie par les forces armées italiennes en avril 1941, les communistes furent parmi les premiers à organiser un mouvement de résistance. Le 10 avril, le politburo du parti communiste de Yougoslavie se réunit à Zagreb et décide de commencer la résistance, nommant Tito chef du comité militaire. Tito se révèle être un redoutable leader sur le plan politique et militaire contrairement à ses rivaux royalistes .
Le 22 juin [1], un groupe de 49 hommes attaque un train de réserve allemand près de Sisak; ainsi commencent les premières actions anti-fascistes dans l'Europe occupée. Le 4 juillet, Tito fait imprimer et diffuser publiquement un plaidoyer pour la résistance armée contre l'occupation nazie, en tant que commandant suprême de l'Armée Populaire de Libération et de Séparation Partisane de Yougoslavie. Les partisans sont les protagonistes d'une grande campagne de guérilla et ils commencent à libérer des parties du territoire. Les adversaires sont nombreux: Allemands, Italiens, oustachis(fascistes croates), tchetniks serbes (royalistes), Bulgares et Hongrois.
Après l'expulsion des Allemands de la Serbie (Belgrade est libérée avec l'aide de l'Armée rouge en octobre 1944), Tito devient le chef d'un gouvernement provisoire le 7 mars 1945, avec le représentant monarchiste Ivan ¦uba¨ić. Ce dernier est évincé par les communistes en octobre 1945.
Le 5 avril 1945, Tito signe un accord avec l'Union soviétique permettant l'"entrée temporaire de troupes soviétiques sur le territoire yougoslave". Appuyant l'Armée rouge, les partisans gagnent la guerre en 1945, défaisant l'État indépendant de Croatie, vassal des nazis, et poussant même jusqu'à Trieste en Italie, au grand dam des Alliés. Sans aucun doute, la "Guerre pour la libération de la Yougoslavie" est considérée comme l'unique victoire de la Seconde Guerre mondiale à mettre sur le compte des forces de guérilla locales, bien qu'il y ait eu un appui externe, davantage de la part des Britanniques que des Soviétiques. Après la guerre, il conduit la Yougoslavie vers le socialisme et mène une politique de nationalisation et crée une police l'OZNA.
Rupture entre Staline et Tito
L'adhésion de la Yougoslavie au Kominform exige une obéissance absolue de Tito à la ligne fixée par le Kremlin. Or, le dirigeant yougoslave, fort de son passé glorieux (libération de la Yougoslavie lors de la Seconde Guerre mondiale), désire rester indépendant des volontés de Staline. Dès la Seconde guerre mondiale, les relations seront houleuses, les Soviétiques censurant les messages que la résistance yougoslave voulait lancer sur la radio "La Yougoslavie Libre" qui émettait depuis Moscou.
Tito prend des initiatives qui déplaisent aux dirigeants soviétiques : soutien aux communistes grecs dans une insurrection que Staline tient pour une aventure, projet d'une fédération balkanique (qui devait grouper l'ex-Yougoslavie, l'Albanie, la Bulgarie et la Grèce si les communistes y prenaient le pouvoir). Tito est aussi un fervent nationaliste qui ne voulait pas se soumettre aux volontés de Staline et des Occidentaux.
La rupture entre les deux hommes est inévitable, car Staline, irrité par le prestige de Tito, n'envisage pas de partager l'autorité et il craint que son esprit d'indépendance ne devienne contagieux dans les démocraties populaires. En effet Tito bénéficiait d'un immense prestige vu ses combats de libérations contre les troupes de l'Axe et des oustachis.
Cette rupture intervient en plusieurs étapes : Dès 1945, Staline place des hommes lui étant dévoués dans l'administration et le parti communiste yougoslave. Cependant, Tito refuse de se laisser subordonner sa police, son armée et sa politique extérieure et de voir se créer des sociétés mixtes de production par lesquelles les Soviétiques contrôleraient les branches essentielles de l'économie du pays.
En mars 1948, Staline rappelle tous ses conseillers militaires et ses spécialistes civils basés en Yougoslavie. Peu après, une lettre du Comité central soviétique critiquant les décisions du PC yougoslave tente de semer la discorde dans celui-ci. Néanmoins, l'inverse se produit, les dirigeants yougoslaves font bloc autour de Tito et les fidèles à Moscou sont exclus du Comité central puis arrêtés. Le Kremlin tente alors un derniers recours en portant l'affaire devant le Kominform. Mais Tito refuse, se sentant « inégal en droits » et « déjugé par les autres partis frères ». Le Kominform considère cet acte comme une trahison. Le 28 juin 1948, le Kominform publie une résolution condamnant l'attitude yougoslave. En excluant la Yougoslavie du Kominform, Staline espère ainsi provoquer un recul des Yougoslaves. C'est un échec : le PC yougoslave, épuré des kominformistes, élit un nouveau Comité central totalement dévoué à Tito.
Tito et Eleanor Roosevelt en 1956
Tito et Eleanor Roosevelt en 1956
Winston Churchill apporte son soutien discret à Tito lors de cette crise, lui demandant, en échange, de retirer ses partisans communistes de Grèce et de cesser d'aider les communistes grecs. En contrepartie, Churchill fait savoir à Staline de ne pas toucher à la Yougoslavie. À noter qu'au moment de cette crise balkanique, l'URSS ne possède pas encore la bombe atomique qui eut été une menace de poids.
Staline tente alors de subordonner la Yougoslavie par l'arme économique. Il réduit les exportations de l'URSS vers ce pays de 90 % et oblige les démocraties populaires à faire de même. Ce blocus économique contraint Tito à augmenter ses échanges avec le bloc occidental. Il est néanmoins toujours fidèle au socialisme et se réclame des mêmes principes que l'Union soviétique même s'il reste politiquement indépendant de celle-ci. Tito remet donc en cause la direction unique du monde socialiste par l'URSS et ouvre la voie à l'idée d'un socialisme national. Seule la déstalinisation lancée en URSS sous l'impulsion de Nikita Khrouchtchev permettra une normalisation des rapports soviéto-yougoslaves.
Suite à la conférence de Bandung en 1955, il se rapproche de Nehru et de Nasser, qu'il rencontre à nouveau à la conférence de Brioni en 1956. Il devient ainsi l'un des principaux représentants du mouvement des non-alignés, créé en 1961 lors de la Conférence de Belgrade.
République fédérale socialiste de Yougoslavie
La République fédérale socialiste de Yougoslavie fut le nom de l'état yougoslave entre le 7 avril 1963 et le 15 janvier 1992.
C'était un état communiste qui s'étendait sur les territoires des États indépendants de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, de République de Macédoine, de Serbie, du Monténégro et de Slovénie.
Créé le 29 novembre 1945 sur ce qu'était le royaume de Yougoslavie, il est d'abord désigné Fédération démocratique de Yougoslavie, puis en 1945, République fédérale populaire de Yougoslavie. Il prit son nom de République fédérale socialiste de Yougoslavie le 7 avril 1963. La fédération se désagrégea à partir du début des années 1990 lorsque 4 de ses républiques firent sécession : la Croatie, la Slovénie, la Macédoine et la Bosnie-Herzégovine, évènements déclenchant les guerres en Yougoslavie.
Chute de la Yougoslavie, menace du "nationalisme intra-yougoslave" & arrivé de Milosevic au pouvoir
Après la mort de Tito en 1980, les tensions se font jour, avec la montée du nationalisme dans les différentes républiques fédérées, longtemps contenu et canalisé par le pouvoir central.
Après l'arrivée au pouvoir, dans la République de Serbie, de Slobodan Milo¨ević, la menace se fait plus précise. En avril 1987, alors numéro deux du régime yougoslave, il est envoyé en mission au Kosovo, pour calmer les nationalistes serbes qui considèrent être victimes de discriminations et de violences de la part de la majorité albanaise. Lors de sa visite, les policiers locaux, albanais, répriment une foule de nationalistes serbes qui leur ont lancé des pierres. Milo¨ević, considérant probablement que la foule était innocente, sera filmé en train de déclarer aux Serbes : "On ne vous frappera plus jamais !". Il devint alors un héros des nationalistes serbes. En mai 1989, il est élu président de la Serbie.
En juin 1989, pour le 600e anniversaire de la bataille de Kosovo Polje (marquant la défaite du royaume de Serbie contre l'Empire ottoman), Slobodan Milo¨ević prononce un discours perçu comme nationaliste et belliqueux. Pour ses défenseurs, il montre son souhait de continuer l'héritage titiste de cohabitation des peuples balkaniques en Serbie et en Yougoslavie. Le discours se veut rassurant : "Des rapports d'égalité et de concorde entre les peuples yougoslaves représentent une condition indispensable pour la survie de la Yougoslavie, pour une issue victorieuse de la crise, et surtout pour la prospérité économique et sociale du pays.".
L'économie yougoslave est mal en point depuis le début des années 1980, une situation accentuée par la sortie du modèle communiste. D'une part, le FMI prescrit des réformes draconiennes et d'autre part, les républiques aisées du Nord (Croatie et Slovénie) se sentent dépossédées de leurs richesses, partagées avec les régions pauvres du sud de la Yougoslavie.
Malgré les quelques succès économiques du premier ministre Ante Marković permettant à la Yougoslavie de se rapprocher de l'économie de marché, le pouvoir central est préoccupé par cette crise et la remise en cause de l'unité du pays. Une des solutions envisagées par le gouvernement de Slobodan Milo¨ević est la concentration des pouvoirs en Serbie, en supprimant l'autonomie des provinces comme la Voïvodine et le Kosovo. Le Kosovo est peuplé a 90% d'Albanais qui souhaitaient le statut de République et non plus de province pour leur région. L'autonomie implique notamment un droit de veto, ce qui, pour le pouvoir à Belgrade, nuirait à l'efficacité d'imposer des réformes économiques.
Ce refus de créer une république au Kosovo fait aussi écho à une peur des Serbes, de voir les Albanais du Kosovo se débarrasser des Serbes du Kosovo, de plus en plus minoritaires. C'est ce qu'a voulu montrer le "Memorandum de l'académie des sciences de Belgrade" en 1985 (destiné à faire le point sur la situation de la république) en dénonçant un risque de "purification ethnique" de la part des Albanais. Cette crainte a été interprétée comme l'idéologie nationaliste de Slobodan Milo¨ević. En effet, ce dernier développe l'idée qu'il faut protéger les Serbes, dans une Yougoslavie et une Serbie de plus en plus rongées par le nationalisme. La Ligue des Communistes de Yougoslavie, ancien parti unique de Serbie et de Yougoslavie, considérait comme tabou le nationalisme, jusqu'à ce que les problèmes du Kosovo et les nationalismes albanais et serbes apparaissent.
Milo¨ević est considéré par beaucoup, dans son parti, comme un nationaliste. Cette étiquette a été notamment propagée par Dragi¨a Pavlović, membre influent de son parti et adversaire de Slobodan Milo¨ević dans la conquête du pouvoir pour la présidence en 1987. Cependant, cette expression prend un sens particulier au sein de la Ligue des communistes serbes. Elle désigne ceux, comme Milo¨ević qui ont mis à l'ordre du jour la question serbe en Serbie, face aux revendications des autres nationalités, même s'il a pu s'agir de réussir une cohabitation (voir le discours de Kosovo Polje).
En 1990, les premières élections libres et pluralistes se déroulent en Bosnie-Herzégovine, en Macédoine, en Serbie, en Slovénie et en Croatie (voir Élection parlementaire croate de 1990 pour la Croatie) suivant en cela le mouvement de démocratisation engagé en Europe de l'Est un an auparavant. Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Slovénie et Croatie élisent des présidents favorables au pluralisme et indépendantistes. En Serbie, où le Parti radical serbe de Vojislav ¦e¨elj est minoritaire, et au Monténégro le parti communiste conserve le pouvoir.
En Bosnie-Herzégovine, ce sont des partis nationalistes des trois nationalités (croate, musulmane et serbe) qui remportent les élections.
En Slovénie, Milan Kučan sort vainqueur. Il est favorable a l'indépendance de la Slovénie.
Le nouveau président de la Croatie, Franjo Tuđman, est également pour une dissociation de la Yougoslavie. Il cherche un financement auprès des Croates expatriés, plus extrémiste que les Croates de Croatie. Cette influence se retrouve au HDZ, qui appelle à l'établissement de la Croatie dans ses frontières naturelles et historiques. Cela étendrait la Croatie jusqu'à la rivière Drina et inclurait une partie de la Bosnie-Herzégovine peuplée majoritairement de Croates, ainsi qu'une partie de la Serbie d'aujourd'hui. Beaucoup de ses décisions politiques sont vues par les Serbes comme une réhabilitation implicite de l'idéologie des Oustachis, notamment le choix du drapeau à damier rouge et blanc, symbole croate datant du roi Tomislav mais qui fut aussi utilisé aussi par les Oustachis (En réponse a ces accusation, l'ordre du damier est inversé). Le parti de Tudjman, le HDZ, purge la république de Croatie d'un grand nombre de fonctionnaires pro-communiste, un grand nombre de ces fonctionnaires étant serbes, cette mesure aussi est prise comme une attaque envers les Serbes de Croatie.
La Slovénie de Milan Kučan et la Croatie de Franjo Tuđman cherchent à obtenir leur indépendance. Ainsi, ils tentent de créer de manière clandestine une armée, financée en grande partie par l'Allemagne. Ils tentent de faire passer la Yougoslavie pour une création artificielle et la Serbie comme le dernier bastion du communisme en Europe[réf. nécessaire]. Bien que les Slovènes aient souvent accusé le Kosovo de dilapider leur richesse en aides au développement, des milliers d'entre eux se mobilisent et apportent leur soutien aux mineurs grévistes kosovars.
Les Serbes de quelques municipalités de Croatie, se sentent lésés et persécutés. Contrairement aux Serbes de Zagreb, qui demandent des négociations et un compromis, les Serbes de la Krajina préfèrent une voie violente, en s'en prenant aux Croates. La République serbe de Krajina, dont la capitale est Knin, est unilatéralement proclamée le 28 février 1991 par le nationaliste serbe Milan Babić, et finit par s'étendre sur près d'un quart du territoire croate. Les premiers coups de feu sont tirés au printemps 1991. Les autorités serbes de Belgrade apportent un soutien aux combattants nationalistes, allant jusqu'à dissuader une intervention des forces croates, par l'emploi des forces aériennes fédérales.
Mon avis sur la question :
Je tiens tout d'abord à rendre hommage au camarade Tito, le plus grand chef communiste que l'Europe est connu. La Yougoslavie est un exemple parfait de pays communiste qui à réussi (à peux de choses près) : l'économie, basé sur l'autogestion en entreprise, fait de la Yougoslavie l'un des états les plus démocratiques au sein du Bloc communiste de l'Europe de l'Est. Aussi, nous voyons bien que le nationalisme intra-yougoslave a reussi à venir à bout de l'une des plus grandes nations que la terre est connu (selon moi) : les Européens doivent en tirer les leçons et se battre contre les nationalismes intra-européens qui menacent l'unité du peuple européen et menace le projet de création de la grande nation européenne.
Aussi, je considère Milosevic comme un traitre car celui-ci, au lieu de se battre pour l'unité de sa nation la Yougoslavie, à préférer contribuer à l'avènement du nationalisme serbe qui à par la suite detruit la Yougoslavie : Il porte, selon moi, l'entière responsabilité de la chute de la Yougoslavie.